Verbatim :
Pacte/contrat : « Le pacte c'est une recherche de la paix. La recherche de l'arrêt de la bagarre. (…) Tous les candidats cherchent à plaire, à convaincre et à séduire. Pour cela il y a la promesse. On peut dire aussi « je suis d'accord avec vous », ou « vous étés d'accord avec moi. » On entend souvent M. Sarkozy dire « je représente l'opinion française. » Dire « j'ai raison ». Sans proposer de pacte ou de contrat, ça revient, sans le dire, à une situation où il y en a un qui sait, et les autres qui ne savent pas. Inversement, d'autres disent qu'il faut un accord matérialisé par un contrat, plutôt juridique, ou un pacte, plus diplomatique. (…) Le pacte sonne un peu politique politicienne. Le contrat, c'est l'idée de rassemblement autour d'une idée qu'on leur propose, mais qu'on ne leur impose pas. »
Rupture : « c'était dans le discours de Nicolas Sarkozy. Ça ne l'est plus car il a proclamé « j'ai changé », récemment. Il a fait une rupture avec la rupture. Il est vrai que rupture avait quelque chose d'un peu dangereux et dynamique : « la politique du passé n'est pas bonne, je vais la casser en deux et la remplacer ». Mais la rupture est un mot brutal. (…) C'est très difficile à employer comme argument dans un débat politique. Beaucoup de gens veulent que ça change, mais en réalité, ils veulent que certaines choses changent et d'autres pas. La rupture ne dit pas ce qu'on va conserver. C'est un discours dynamique pour ceux qui veulent tout péter, et dangereux pour ceux qui veulent qu'il y ait une continuité. »
Ordre : « C'est un mot autoritaire. Il n'a pas très bonne réputation. Quand il est employé, même adouci, comme dans « l'ordre juste » de Ségolène Royal, il évoque de choses qui ne sont pas toujours sympathiques. En rajoutant « juste », l'idée de justice vient corriger celle d'ordre. C'est un peu ce que disait un philosophe du XIXe siècle : « le progrès, dans l'ordre ». (…) C'est dire, « je vais faire tout pour que la situation n'aboutisse pas à du désordre et qu'en même temps, elle n'aboutisse pas à l'injustice. » C'est un équilibre à garder. »
Bravitude : « Ce mot n'est pas un tour de force extraordinaire, mais ce n'est pas non plus un crime contre la langue. (…) Ce qui est formidable, c'est que les Français se mettent à sauter en l'air et se demandent d'où ça vient, qu'est-ce que ça veut dire, alors que tout le monde a compris. La bravitude c'est le fait d'être brave, mais avec un côté un petit peu pompeux. La bravitude est de la super bravoure. Et c'est un état stable. La bravoure est une attitude psychologique alors que la bravitude serait un état dans lequel on serait installé, comme une sorte de magnitude, qui vient de magnus, qui veut dire grand. Donc c'est quelque chose d'équilibré, de fort. Cela dit, maintenant, il y a un téléphérique pour la grande muraille de Chine. Il n'y a pas besoin d'être très brave pour faire l'opération. »